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Clos Vaudrieux

Le domaine

Ce qui ne change pas

En 1911, personne ne voulait de la terrasse haute. Trop raide, trop maigre, trop loin du chemin. Aubin Vaudrieux l’a prise pour cette raison.

Le domaine n’a jamais été vendu, jamais divisé, jamais agrandi. Quatre hectares en 1911, quatre hectares aujourd’hui. Ce qui s’est transmis n’est pas une surface, c’est une contrainte : sur cette pente, la mécanisation reste impossible, et chaque génération a dû décider si elle acceptait de travailler à la main.

Marthe Vaudrieux a creusé la cave sous le coteau en 1968, à la barre à mine, pour gagner huit degrés constants. Son fils est revenu au labour attelé quinze ans plus tard, parce que le tracteur tassait la terre et que les racines remontaient. Camille, cinquième du nom, a coupé l’irrigation de la terrasse basse en reprenant le domaine.

Aucune de ces décisions n’a été prise pour produire davantage. Toutes l’ont été pour que la vigne continue de dire quelque chose du coteau, plutôt que de la méthode.

Les grappes descendent vers le pressoir

Le parcellaire

Quatre terrasses, quatre sols

Terrasse haute
Schiste nu, 40 cm de terre
La plus raide. Labour au cheval, vendange en deux passages.
Clos du nord
Argile et galets roulés
Protégée par le mur de pierre sèche. Toujours deux degrés plus fraîche.
Terrasse ombragée
Limon sableux
Le soleil la quitte à seize heures. Réservée aux blancs.
Terrasse basse
Alluvions profondes
Irriguée jusqu’en 2024. Depuis, on observe.
La cuve inox sous la charpente de la cave enterrée

« On ne reprend pas un domaine. On reprend une pente, et elle décide du reste. »

Camille Vaudrieux