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Le Cinquième Rayon

Librairie indépendante · depuis 1998

On peut rester debout deux heures et repartir sans rien acheter.

Le Cinquième Rayon tient huit rayons, dont un qui n'a pas de nom propre : celui où finissent les livres qu'aucun autre ne veut. C'est lui qui a donné son nom à la maison, et c'est encore celui devant lequel on passe le plus de temps.

Tout ce qui est en rayon a été lu par quelqu'un d'ici. Quand ce n'est pas le cas, on le dit.

La sélection du mois

Cinq livres sortis de la pile

Voir les huit rayons

Chaque premier mardi, on vide la table du fond et on recommence. Ce qui reste ci-dessous a survécu à la discussion.

  • Volterre

    La Halle aux vents

    Adèle Marquant

  • Les Cahiers d'Aval

    Ce que le fleuve emporte

    Yohan Sabre

  • Éditions Pravel

    Petite typologie des silences

    Rosalie Bendt

  • Maison Tourane

    Les Métiers du quai

    Colin Vasseur

  • Le Fanal

    Poèmes de la ligne neuf

    Nour Abbadie

  • Sélection

    Cinq titres choisis ce mois-ci, tous lus par quelqu'un de la maison.

  • La Halle aux vents

    Adèle Marquant · Volterre

    Trois hivers dans une halle de marché désaffectée, racontés par celle qui en tenait les clés.

  • Ce que le fleuve emporte

    Yohan Sabre · Les Cahiers d'Aval

    Six cents kilomètres à pied le long d'une eau qu'on ne voit presque jamais.

  • Petite typologie des silences

    Rosalie Bendt · Éditions Pravel

    Quarante et un silences décrits comme on décrirait des nuages.

  • Les Métiers du quai

    Colin Vasseur · Maison Tourane

    Ce que faisaient, exactement, les huit cents personnes qui vivaient du port fluvial en 1904.

  • Poèmes de la ligne neuf

    Nour Abbadie · Le Fanal

    Un an de trajets en tramway, un poème par station.

La chronique

Publiée le premier mardi de chaque mois, affichée en vitrine et lue à voix haute pour qui le demande.

Éloge des livres qu'on ne sait pas ranger

Il y a, dans toute librairie, une poignée d'ouvrages qui mettent le classement en échec. Un carnet d'atelier qui n'est ni un essai ni un album. Une correspondance qui tient de l'enquête. Un livre de cuisine écrit comme un journal de deuil. Le premier réflexe du métier consiste à trancher : on choisit un rayon, on range, on passe à la suite.

Nous avons fait l'inverse. Le cinquième rayon du mur du fond ne reçoit que ces livres-là. Il n'a ni ordre alphabétique ni logique thématique — il a une seule règle : chaque titre y reste tant que personne n'a su dire où le mettre ailleurs. Certains y passent une semaine. Un y est depuis onze ans.

Ce rayon est devenu, sans qu'on l'ait décidé, le plus fréquenté de la boutique. Les gens s'y arrêtent parce qu'ils n'y cherchent rien. C'est la seule étagère du magasin devant laquelle personne ne sait ce qu'il va trouver, et c'est apparemment tout ce qu'il fallait.

Le 11 septembre, 19h

Adèle Marquant — La Halle aux vents

Premier roman, trois hivers dans une halle désaffectée. Quinze minutes de lecture, puis on parle. Entrée libre, six places assises encore disponibles.